Le delta n'est pas mort !!!!!
Dimanche 14 décembre à 7h11, le téléphone sonne. C'est Loïc Ollivier,
mon moniteur de parapente et de delta. "Amène toi, le ciel est étoilé,
ça devrait le faire ce matin". OK, J'arrive. Du coup, à 7h14, je
réveille mon copain Patrick, dit "Gaston".
"Allo, Gaston, Loïc nous
attend sur le Ménez-Hom pour 10 heures."
Je laisse aussi un message à Brice dit "Brissouille".
Pour info, ces
deux là, je leur doit une fière chandelle, car depuis le mois de mai,
ils m'ont formé à courir sous le delta. Ils m'ont aidé a remonter
l'aile du pied de la pente école et surtout, ils m'ont encouragé pour
que je ne baisse pas les bras. Depuis le mois de mai, je n'ai jamais
eu de fourchette météo favorable pour faire mon 1er vol.
Après 1 heure 45 de route, nous arrivons au déco à 10h04 précises. Loïc est déjà là et il descend le delta de son fourgon. Le temps est superbe et les couleurs sont magnifiques. La visibilité est très grande, car il n'y a pas du tout de brume. Normal, il a plu hier toute la journée.
Les poignées de mains sont fermes et rapides et il n'y a pas de discours entre nous. On n'est pas la pour rigoler. On s'affaire à monter la vieille "Spirale". A peine est-elle montée que Loïc la porte vers le déco Nord. J'enfile mon harnais, il n'y a pas de temps à perdre, les créneaux sont courts en hiver.
Nous marchons en file indienne. Moi, je suis un peu en arrière. Loïc est devant avec la Spirale suivit de Gaston. Je ressens une certaine tension s'installer en moi en m'approchant du déco. Je regarde autour de moi ; Le MENEZ HOM est vide, et c'est tant mieux. J'imagine que s’il y avait eu du public ou ma famille, cela m'aurait stressé.
Ca y est, nous y sommes!!!!!!! Je regarde en bas. M......... , C'EST HAUT............ Ca me change du déco de Saint Pabu qui culmine à 8 mètres. On est plus dans la même cour.
Pendant que Gaston commence à descendre la pente à pied, je me mets à réfléchir à bien d'autres choses. Je m'aperçois qu'en prenant de l'âge, on réfléchit différemment qu'à 20 ans et je me dis : Thierry, ce n'est vraiment pas le moment !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Heureusement, Loïc m'installe sous le delta et me fait faire 2 ou 3 petites courses sous celui-ci. Au moins, ça occupe l'esprit et ça passe le temps.
Gaston est arrivé en bas. Je l'aperçois à peine sur l'attéro. Je me mets en place, face au vent. Ca reste toujours aussi impressionnant. L'aile parait immense.!!!!!! J'ai le cœur qui bat très vite et la peur s'installe. Je ne pense plus qu'à mon décollage. Loïc est face à moi et me demande si tout va bien. Je lui réponds OK. Il sait par son expérience qu'il ne faut pas traîner sur un déco avant un 1er vol; Ca stress!!!!! Alors, il me dit de faire un pas et un deuxième. J'hésite une seconde et je m'exécute : un pas, puis un deuxième, puis trois et de plus en plus vite dans la pente.
"CA Y EST, JE VOLE".
L'instant est magique. L'aile me donne une impression de vitesse. J'entends le sifflement du vent dans les câbles et je m'efforce de regarder l'attéro pour conserver mon cap. Je reste en position debout, les jambes légèrement fléchies et écartées. Je suis en ligne droite et je m'efforce de bien "contrer".
L'attéro approche, je vois Gaston debout qui m'attend. Cela me réconforte: Au moins, il est là. Le sol approchant, je tire sur la barre pour prendre encore plus de vitesse.
"Mince", ça va vraiment très vite. Presque aussi vite que mon rythme cardiaque. Le sol est maintenant très près et je pousse sur le trapèze pour freiner l'aile tant bien que mal. Je me pose un peu "vrac", mais ce n'est pas grave, tout va bien. Gaston arrive me féliciter suivit de Loïc. Nous sommes heureux tous les 3.
JE SUIS DEVENU UN DELTISTE. Mon vol, n'aura duré que 60 secondes mais "QUEL VOL INTENSE". Je m'en souviendrai toute ma vie.
Thierry.
| < Précédent | Suivant > |
|---|



