Sortie alpine mai 2008.
Balade Alpine : 2 mai fumant
Le départ pour notre périple
alpin, prévu initialement le vendredi 2 mai au soir, aurait pu
nous priver d’une journée fumante. Parfois, un temps de
chiotte peut nous rendre service : Claudius et Steph prennent la
route le matin du 1er mai. Nous les imitons sans scrupule vu la
météo : Peter & Didier d’un côté,
Le Dré & moi-même de l’autre. Résultat des
courses : nous nous retrouvons tous en soirée à
« L’ATTERO » de Lumbin. Le Steph retrouve sa
cousine qui a la bonne idée d’habiter sur le plateau du
TOUVET. Une compète delta fait que nous ne sommes pas les
seuls bretons dans le secteur puisque Monique et Patrick sont
également de sortie.
Le lendemain grand bleu au réveil
sur St Hil avec une pointe de nostalgie pour les anciens de la
défunte multinationale LEJON Internationale Compagnie. C’est
en 89 que, sous la menace d’un licenciement, Peter m’a traîné
manu militari en ce lieu pour un stage débutant. Je ne me suis
jamais remis de cette intraveineuse.
Le bulletin de l’école
PREVOL annonce de bonnes conditions et un vent de sud faible. Le
groupe a les crocs : direction la moquette où la chaleur
est accablante pour les « gens du nord ». Avec
Steph, nous nous posons la question de ce que nous allons porter sous
la combine. Je choisis de mettre plusieurs couches.
Après
observation et temporisation, décollage vers 12h30 (Claudius
en tête) car quelques voiles sortent du bocal. Nous convenons
de partir sur la droite vers Grenoble pour une première balise
classique : le fort de St EYNARD. Devant le tremplin delta, Gd
Claude se sent moins seul : il échange quelques
politesses avec un autre membre du ténébreux clan des
TRIALPERS en enroulant l’un de ses premiers pétards du jour.
Ces derniers sont teigneux et lorsqu’on débouche sur cette
succession de faces exposées au sud, il faut s’abstenir
d’enrouler trop rapidement sous peine de se retrouver sous le vent
et tout prendre sur …… la gueule (y a pas d’autre mot). Dans la
combe au-dessus des gorges du Manival (la route sud menant au plateau
de St Hil), nous sortons vers 1500 de quoi cheminer la crête
entre les jambes jusqu’à St Eynard. Le thermique du fort me
monte à 2000 : c’est un délice pour volatile en
manque. Un régal pour les yeux d’un breton.
Un ptit
point radio nous informe que, malheureusement, le vol aura été
court pour une partie du groupe.
Prochain objectif : la dent
de Crolle.

Sur le parcours je croise Le Dré
qui chemine au relief et il est pas seul !!! Les cums sont alors
bien présents et je ne tarde pas à retrouver une
nouvelle pompe peu avant la dent de Crolle. Entre cette dernière
et le Granier le cheminement se fait entre 2300 et 2900. A mi chemin,
nous nous retrouvons avec le Claudius qui cherche sont « Willy
Waller Two Thousand Six » pour se purger les chicots. Plus
tard, on apprendra qu’il avait froid aux mimines avec ses gants
d’été (T° entre 0 et -5).
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Une Advance me rejoint. Le garçon
n’est pas là pour l’exercice et il n’y a pas de doute
sur son intention de se lancer dans la transition vers les Bauges.
Une douzaine de kil sépare la Chartreuse des Bauges. J’observe
son cheminement : une légère laisse de chien en
remontant vers Chambéry. Elle ne s’avère pas vraiment
nécessaire compte tenu du peu de vent de vallée
descendant. C’est le moment ou jamais : feu ! Je quitte
le Granier avec 2800 pour raccrocher sous le sommet de Montgelas
(1300 m) à 1100 mais avec 20° de plus.


Pas de nouvelle de Claude ni du Did qui zappe la radio quand le vario bipe (il appelle ça une oreille sélective). Je chope le Dré en radio. Pas besoins de motiver le lascar pour venir jouer du côté de « Margarita ».
L’horaire impose le cheminement sur
les faces ouest (15 h). Sur le pic de la Sauge (à l’ouest du
site de Montlambert), en compagnie de quelques volatiles, nous
mettons la voile sur la tranche dans une pompe puissante qui nous
sort au plaf du jour à 3150 : c’est trop bon. Après
3 h de vol, je profite d’une transition pour « changer
d’eau aux patates » : le barreau d’accélérateur
s’en souviendra. Sur le ouf de soulagement tel le corbeau dans la
fable, j’oublie que j’ai un gant entre les dents. Faudra faire
sans pour la suite.
Direction le cœur des Bauges avec le Mt
Colombier entouré de vertes vallées où les
vaches ne manquent pas…………..pour donner le lait de la Tome.
Le lac d’Annecy est en vue. Nous échangeons nos positions
avec Andréas qui a rejoint les Bauges à son tour. Au
nord ouest le ciel est lavé et a plutôt une sale tronche
avec ses cirromachins. Il nous faut progresser vers le nord jusqu’au
Roc des Bœufs.

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Après un point bas à
1500, l’arrivée sur le Mt Chabert à l’est de la
Motte en Bauges, me permet de reprendre du gaz de quoi raccrocher la
montagne du Charbon et d’y retrouver une pompe qui me hisse à
2700. C’est suffisant pour partir en transition et rentrer à
Marlens : c’est l’endroit idéal pour des
retrouvailles avec Patou, Guy et bien d’autres connaissances. La
lumière et le bleu du lac ne sont pas des plus diaboliques. Il
mérite quand même d’être photographié,
tout comme la Tournette et, à l’opposé, la Sambuy et
la verdure du col de Tamié.


Au bout de la transition, je me
retrouve en soaring au pied de la dent de Cons et dix minutes plus
tard à 2650. Je remets à plus tard la bolée à
l’Espace Marlens. Un groupe de volatiles descend du Charvin
(j’apprendrai plus tard qu’il s’agit d’un stage Bérod
qui boucle un triangle). Pour la suite du menu, c’est une
transition directe sur Bisanne au dessus d’Ugine.

Et quelle transition : j’entre
tête baissée dans la combe de Queige : Erreur.
C’est tout mou dans cette combe voire brassé sous le vent.
Le temps de travailler en apnée et j’en sors avec un joker
en moins. Les trois ou quatre voiles satellisées au dessus des
Saisies me donne du cœur à l’ouvrage. Patrick en radio en
rajoute une couche en décrétant que la fin du vol c’est
à Cham. Il y a encore quelques kils à parcourir pour
aller voir les Chamoniardes. Le Dré annonce qu’il se pose à
Marlens. Peter est sur les lieux et avec Patou et Guy le bar est pris
d’assaut.
En travaillant carré le dernier thermique
significatif du jour, je remonte à 2600 au nord des Saisies.

Un long plané contemplatif de
plus de 20 bornes débute : Crêt du Midi,
Rochebrune, Megève, les pentes ouest et nord du Mont d’Arbois.
De l’autre côté de la vallée de l’Arly, la
splendide chaînes des Aravis est encore bien enneigée.
La cerise sur le gâteau c’est l’air qui se réchauffe
(et moi avec) au fur et à mesure de la perte de gain tout en
rasant la cime des arbres.


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Le dynamique permettant de rejoindre
Chamonix est trop faible. Il faut songer à poser non sans
avoir contempler le Mt Blanc depuis l’entrée de St Gervais.


Préparer l’atterro pour
rejoindre au plus vite l’apéro, c’est anticiper le retour
en stop. Je pose près du rond point de l’Intermarché
du Fayet en bords de RN. Il est 18h10. La satisfaction est grande
après 5h40 de vol et 122 kms parcourus. Un SMS du Claudius
m’informe que Steph est en route pour sa récupe au Gd
Bornand. Un conseil, méfié vous des textos du Gd
Claude !!! Didier est posé à Faverges : il
est plus proche du bar que moi ! Le retour en stop est
relativement rapide : un Costarmoricain m’embarque en sortie
de Flumet jusqu’à Héry où le Pet est venu à
ma rencontre. Merci à lui : non seulement pour la récupe
mais surtout pour m’avoir fait découvrir le parapente.
Remerciements également au Maître Bérod qui nous
a donné le gout et les ficelles des cross Alpins. La soirée
se prolonge avec les pots au gîte de Marlens sans Claude et
Stéphane qui sont en bonne compagnie.
Cet hiver, avec Andréas, nous avions lu et relu le récit d’un stagiaire de Patrick sur un parcours un peu différent. Nous nous sommes également gargarisés sur le site Internet d’Etienne Chouard avec notamment son vol « Serpaton – La Cluzad ». Claudius nous disait d’arrêter de se monter le bourrichon. Il fallait peut-être cela. Il le fallait sûrement. Il fallait le rêver ce vol pour que le plaisir de le réaliser soit encore plus savoureux.
C’était, quoi qu’il en soit, le début, les débuts d’une superbe semaine que nous ne sommes pas prêts d’oublier.
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